Comment se reconvertir dans la pâtisserie ?

person Posté par: Rachel list Dans: Et si on goûtait ? Le:

On me pose très souvent la question de comment je me suis lancée. Est ce que j’ai eu peur, est ce que j’en vis, par quoi tu as commencé ? Je reçois régulièrement au studio des personnes qui ont envie de se lancer, pour échanger sur ce sujet. C’est comme cela que m’est venu l’idée de cette rubrique, Chocolaté & blablaté, comme un chocolat chaud que l’on boirait ensemble, tout en discutant d’un sujet.

À toutes ces questions, je vais essayer d’y répondre, point par point, en vous faisant part de mon expérience, et ce de manière la plus honnête possible, avec les défis, les pièges, les points positifs.

Comment se lancer ?

Vu de l’extérieur, quand on voit des entreprises et des indépendants qui vivent de leur passions, on se dit toujours que c’est un coup de grâce, qu’ils se sont levés un matin et que ça a marché. La vérité, c’est que pour la grande majorité d’entres nous, c’est un cheminement de plusieurs années, avec beaucoup d’essais ratés et de travail avant de trouver la bonne formule.

Avant de vous donner mes conseils, il me parait important de vous dérouler mon parcours, mon histoire. 

Pour la plupart d’entre vous, vous m’avez connu grâce à l’émission du Meilleur Pâtissier, que j’ai eu la chance de gagner. Vu de l’extérieur, le chemin est simple: j’étais illustratrice, j’ai remporté l’émission, je me suis lancé à mon compte en tant que créatrice culinaire, début du conte de fée, youpi !

 

Dans la réalité, le parcours à duré plus de 10 ans avant de trouver ma voix, et de faire de mes journées un idéal de travail.

J’ai commencé ma vie d’adulte par des études dans le design textile, 5 ans en tout, sans trop trop savoir si c’était une vrai passion. Ce qui est sur, c’est que déjà à l’époque, la pâtisserie était dans ma vie, j’en faisais déjà beaucoup, et j’ai même failli arrêter mes études pour faire un CAP pâtisserie. Au final, j’ai terminé mes études de design, j’ai été recruté de suite par Kiabi pour être graphiste sur le rayon bébé. Les 6 premiers mois ont été géniaux, tout était nouveau. Mais quand j’ai eu compris mon métier, le constat à été vite fait : je m’ennuyais à mourir, je n’étais pas faite pour la vie du bureau, ni pour l’état d’esprit corporate, même si j’ai toujours su me fondre dans le moule et m’adapter au travail en équipe. J’ai alors ouvert un blog de pâtisserie, pour occuper mes soirées, et mes week-end. C’était chouette, je m’ennuyais un peu moins au travail, car mon esprit était souvent parti à rêvasser à mes prochains articles de blog, et surtout j’avais un challenge à relever. Créer un blog, c’était un premier défi, et un très bon exercice pour s’entrainer à être entrepreneuse (sans le savoir !). J’ai été obligé de me poser des questions comme : c’est quoi mon style, pourquoi je fais cela, qu’est ce que j’ai à dire, quelle pâtisserie j’ai envie de faire ?

Le blog fonctionnait bien, j’avais un CDI, le quotidien ronronnait. Mais je m’ennuyais toujours. J’ai donc décidé de quitter mon poste pour aller faire une formation de design culinaire à Reims. À cette période, c’était un risque, car le domaine du textile était en crise, il n’y avait pas de travail. Quitter un CDI, ma première folie ! 

À l’époque, le post-diplome en design culinaire était dirigé par Marc Brétillot, un designer culinaire que j’admire beaucoup. La formation consistait surtout, comme mes précédentes études en design, à inventer des concepts et à les mettre en oeuvre. Sauf qu’au lieu d’avoir comme base de travail du textile, du bois, ou autre matériaux, nous avions l’alimentaire. C’était neuf mois assez drôle, assez flous, car on se demandait bien ce qu’on allait faire de ce diplôme ! J’y ai noué de belles amitiés, et de retour à Lille, sans un rond en poche, et sans boulot (et donc la boule au ventre), je prends le premier boulot qui me tombe sous la main, je deviens vendeuse chez Alice Délice (ne jamais négliger les petits boulots et le réseau que cela peut vous apporter !). Le hasard incroyable à voulu que pour mon tout premier jour de travail, des personnes du marketing viennent faire un tour en magasin, et que mon responsable me présente non pas en tant que vendeuse, mais en tant que designer. Evidement, cela à attisé la curiosité de l’équipe, j’ai passé un entretien, et trois semaines après, j’étais graphiste deux jours par semaine pour Alice Délice. Je m’occupais de développer les graphismes pour les packagings, de développer les livrets recettes, et de faire les photos culinaires. En parallèle, parce que mes ambitions de design culinaire ne m’avait pas quitté, je m’associe avec Marion, et on créé une société de design culinaire, aux ambitions créatives et intellectuelles très élevées. J’y passe, une fois de plus, toutes mes soirée, tous mes week-end, je crois fort en ce projet. En double parallèle, je deviens aussi graphiste en free-lance pour Kiabi et d’autres marques. Mes journées sont intenses, j’ai donc quatre activités simultanément; graphiste free-lance, vendeuse chez Alice Délice, graphiste chez Alice Délice, et je monte mon entreprise de design culinaire. Tous ces boulots ne sont pas de trop pour éponger mon découvert, les frais du quotidien, et rembourser l’argent que je dois à un ami très cher qui m’avait avancé 3000 euros pour m’aider à m’installer à Lille et payer mon loyer le temps que je trouve un boulot. Et oui, souvent l’apparence d’un conte de fée cache de bonnes galères !

Je quitterai au bout de quelques mois mon boulot de vendeuse, pour ne garder que la partie graphiste textile et chez Alice Délice. Bien sur, à côté, je continue de developper le projet de design culinaire.

Cette situation durera 3-4 ans, ou je jonglerai entre mon projet d’entreprise et mes contrats de free-lance. Au bout de 4 ans, je décide avec mon associée de quitter tous mes contrats de free-lance pour me consacrer entièrement à notre projet très ambitieux, celui de créer un cahier de tendance pour le domaine culinaire. C’est la décision la plus risquée que j’ai prise, mais j’ai aussi été un peu maligne. En tant qu’indépendante, on ne cotise pas pour le chômage, mais je savais que j’avais quand même eu beaucoup de boulots en CDD, CDI, que ça, ça compte ! J’ai donc accepté un poste de graphiste chez Kiabi pendant 5 mois, histoire de réactiver mes droits, et d’avoir droit au chômage pendant un an.

C’est comme cela que j’ai pu me consacrer entièrement au projet de design culinaire…et me frotter à l’échec ! Car au bout de 8 ou 9 mois à développer ce projet avec Marion, je me suis aperçue que je n’étais plus exactement à ma place. J’ai eu besoin de retrouver la légèreté de ton et de création de mon premier blog, et c’est en décembre 2016 que je prends la lourde décision de me retirer de ce projet. C’est à la suite de cette décision difficile, de larmes séchées, de doutes par dizaines, d’argent perdu (eh oui, c’est ça aussi la vrai vie) que je me suis inscrite au meilleur pâtissier. Entre l’inscription, les sélections, le tournage, la victoire, l’écriture et la réalisation du livre, la création du studio, il s’est écoulé 1 an et trois mois pendant lesquels je me suis consacré quasiment qu’à ce projet de pâtisserie. Rien ne s’est fait du jour au lendemain, mais je n’ai pas laissé le temps filer non plus: he oui, quand on a pas de pognon, on a un peu le feu au fesses, donc je peux vous dire que ça avance ! 

Le tableau est posé, cela vous donne un bon aperçu de mon parcours. 

MES CONSEILS POUR SE LANCER 

ÉCRIRE 

J’ai des dizaines de carnets dans lesquels je dessine, mais dans lequel j’écris aussi beaucoup. Mes projets, mes ambitions, mes rêves. Je vous conseille vivement d’en faire autant: écrivez votre quotidien de rêve pour dans un an ou deux. Écrivez votre journée idéale. Que faites-vous ? Est ce que êtes devant un ordi ? Sur le terrain ? À rencontrer des personnes ? Qui sont vos clients rêvés ?

Par la même occasion, posez-vous la question de ce que vous aimez faire, sans complexe. Il n’y a pas de petits rêves, ou de petites ambitions. C’est sans doute ce qui m’avait perdu dans mon premier projet. L’idée de ce projet me convainquait, l’ambition qui y était associé me renvoyait une image d’entrepreneuse au top du top de la créativité et de l’exigence intellectuelle (travailler avec des grands chefs, sur des concepts inédits…), et je n’assumais pas vraiment mon côté très simple et enfantin dans ma façon de créer. Mon ancien blog me semblait trop simple, mes dessins pour le textiles trop « mignons », et donc pas assez sérieux. Sauf qu’en réalité, ce qui me correspond vraiment, c’est ce que je fais aujourd’hui. 

Ne faites donc pas l’erreur de confondre le sérieux, l’ambition avec l’envergure du projet. Quel que soit votre projet, vous aurez bien assez de difficultés !

Une fois votre projet écrit, essayez de le décortiquer en étapes. Mais de petites étapes, simples, réalisables. Ne commencez pas par gros blocs très flous du genre « démarcher des clients ».

Si on prends l’exemple d’une personne qui veut être graphiste free-lance, je vous conseille plutôt des step-by-step, que vous pouvez classez par catégorie d’actions.

Typiquement, si je devrais me relancer en tant qu’illustratrice, voici à quoi pourrait ressembler mon carnet :

DESSINER : «faire 10 dessins pour le 10 du mois prochain ». « imprimer les dessins » « acheter un book de présentation » 

AVOIR UN BOOK EN LIGNE: « faire la page d’accueil », « faire la page e-book » « faire la page de contact »

DÉMARCHER : postuler aux annonces de CDD, CDI…C’est une astuce peu connue, mais tellement efficace dont j’ai usée et abusée ! La plus grande difficulté quand on cherche à démarcher pour faire du free-lance, c’est d’avoir la bonne adresse mail, le bon contact. Alors quoi de mieux que de postuler à un poste qui correspond à ce que vous voulez faire en free-lance ? Peu être que l’entreprise va être intéressée par votre profil, elle ne vous offrira pas le poste en question, mais si votre profil les intéresse, c’est possible qu’ils vous rappelle pour une, deux, plusieurs missions ! Vous n’imaginez pas le réseau que je me suis créée avec cette technique ! Je postulai, en annonçant seulement que j’étais free-lance dans mon CV. Je passai un entretien, et à ce moment là, j’annonçais mon positionnement. Dans 80 % des cas, cela a débouché sur des missions free-lance, et on ne m’a jamais reproché cette démarche. 

TESTER

On a souvent l’impression que les entrepreneurs se lancent du jour au lendemain, et hop, par magie, c’est le succès. Mais comme vous avez pu le voir dans mon parcours, la pâtisserie faisait partie de ma vie depuis une dizaine d’année, toujours en fond. J’ai beaucoup pâtissé, j’ai crée un blog, j’ai participé à des concours de pâtisserie amateurs…Mais le fait d’en faire mon métier a prit des années, après un essais de première entreprise. Je vous conseille de ne pas quitter votre boulot sur un coup de tête, mais de prendre votre courage à deux bras, et de bosser sur votre projet le soir, le week-end, pendant vos vacances. Cela aura deux effets positifs: 

-cela vous permet de developper votre projet tout en gardant un salaire, de fonder les bases, de voir si ça vous plait vraiment. De commencer à récolter des infos, de comprendre comment vous aller pouvoir gagner votre vie…Tout en gardant une sécurité financière et psychologique (très important, je vous en parlerai dans la suite de l’article)

-développer un projet en parallèle de votre quotidien va vous amener un challenge, et va booster votre énergie au quotidien. Si ce n’est pas le cas (vous rentrez le soir, et vous avez la flemme de travailler sur votre projet), c’est que sans doute le projet n’est pas le bon, ou alors vous n’êtes pas encore prêt(e) à vous lancer. Je pense que quand l’on tient un projet qui nous prends les tripes, on ne pense qu’à ça, on à hâte de rentrer le soir pour pouvoir s’y mettre. Si vous rêvez à un autre métier mais que systématiquement la flemme vous rattrape, je vous conseille vivement de vous poser honnêtement la question de ce à quoi vous êtes prêt(e) à faire comme sacrifice pour atteindre votre objectif.

Cela m’amène aussi à vous mettre en garde, un tout petit peu, contre le confort. Le confort financier et psychologique d’un poste en CDI est votre meilleur atout, mais peu aussi devenir votre ennemi. Le confort ne vous mets pas dans l’urgence de créer, de gagner votre vie, de défendre votre projet corps et âme, il ne vous force pas à vous lever le matin avec la furieuse envie de réussir. Attention, je ne dis pas qu’il faut être dans la galère pour réussir, mais simplement qu’il faut être attentif à ne pas faire trop traîner votre projet. Donnez vous des dead-line dans le court terme, et tenez-les.

LA PERSONNALITÉ

Le paragraphe du dessus m’amène à ce sujet important, à savoir si vous avez un caractère, une personnalité compatible avec l’entreprenariat, et le fait de se lancer. Se lancer dans un projet d’entreprise n’est pas anodin et demande que l’on soit prêt à vivre d’une certaine manière:

-être capable d’assumer au quotidien l’angoisse de l’échec, l’angoisse de l’argent qui ne rentre pas tous les mois. C’est la première angoisse à laquelle vous serez confronté, elle va sans doute durer longtemps, et il faut apprendre à faire avec. Pour ma part, je l’ai toujours combattu en me disant « c’est pas demain la veille que j’aurai un huissier de justice qui va sonner à ma porte, donc ça va ». Ou alors, je me suis toujours dit qu’en cas de grosse galère, he ben j’imprimerais quelques CV, et j’irai faire le tour de toutes les boîtes qui recrutent. Je vous conseille de toujours avoir en tête une porte de sortie rapide ; ça peut être accepter l’idée de retourner travailler dans votre ancien domaine, ça peut être aussi, comme moi, accepter l’idée d’aller bosser dans un boulot purement alimentaire si l’urgence s’en fait sentir.

-être débrouillard(e). Sauf si vous créez votre entreprise avec un compte en banque bien fournie (ce qui est rare, mais possible !), vous allez vous rendre compte que créer son entreprise peu vite couter très cher: créer un site internet, un e-shop, acheter du matériel, des matières premières, payer un photographe… Pour ma part, je n’ai jamais eu des milliers d’euros d’épargne, donc je me retrousse les mains, et j’apprends et je fais tout moi-même. Vous pouvez être surpris comme entrepreneur demande de savoir TOUT faire: la compta (même si vous avez un comptable, vous allez devoir comprendre les tableaux ! ), les bases de la photo (si par exemple vous avez pour projet de monter un site e-commerce, un blog, un compte instagram…), la vidéo et le montage (si votre projet est une chaine Youtube…), mais aussi, très important, vous allez devoir apprendre à démarcher des clients, calculer vos tarifs, vos frais…

-être courageux ; entreprendre demande du courage, mais ce dernier est presque invisible sur le coup, tant la passion nous pousse loin et vite. Néanmoins, cela en demande. Le courage de ne plus trop compter ses heures, le courage de passer au dessus de nos peurs (négocier un contrat, imposer des tarifs corrects, s’attaquer à l’exercice difficile du Business plan…). Bref, il faut s’accrocher !

-être rêveur(se): très très important ! Il faut rêver ! Il faut oser croire que ce que l‘on imagine peut devenir réalité ! Cela peut paraître un peu gnan-gnan, mais c’est en rêvant que l’on peut imaginer son projet, un nouveau produit, un nouveau métier, ou une nouvelle façon de travailler…Peu importe votre rêve. Écrivez-le, et ensuite, écrivez les étapes qui vont vous permettre de le réaliser. 

-être autonome : le matin, personne pour vous dire de vous lever. La fin du mois, personne pour dire de faire votre déclaration de TVA. Personne pour dire d’envoyer tel papier, et ne comptez pas sur le RSI ou l’URSAAF pour vous envoyer des rappels de déclarations, c’est à vous d’y penser et d’apprendre à le faire correctement. Vous l’avez compris, ce qui vu de l’extérieur est perçu comme une grande liberté est en réalité une auto-discipline loin d’être naturelle pour chacun de nous. 

-être bosseur(se): une banalité dit comme cela. Mais c’est peu de le dire, il ne faut pas avoir peur des journées de travail chargées. Je ne suis pas du tout dans le culte de l’entrepreneur(se) qui pour faire penser à tout le monde que sa boite cartonne a toujours l’air débordé(e) et dit toutes les cinq minutes « on se capte la semaine pro, je suis full lààààà » alors qu’en réalité il y a trois mails et un petit soucis à régler, et continuellement accroché(e) à son téléphone tellement les messages sont urgents ! Je vous parle du boulot sincère et de fond. Pour vous donner ma vision du bosseur(se), c’est une personne qui n’est pas dans la démonstration de son emploi du temps chargé, mais qui avance sur beaucoup de sujets en même temps. Cela n’empêche en rien de faire une sieste quand on en ressent le besoin (au studio, ils sont habitués, je fais une sieste très régulièrement !), d’aménager ses horaires selon son rythme. 

CONSEILS ENCORE PLUS CONCRETS

Pour finir, je vous conseille vivement de faire ces tests pour avoir une vision de votre personnalité et savoir quels sont vos points faibles et points fort:

Le test MACE

Le test DISC

TROUVER DES CLIENTS

On fait aussi souvent l’erreur de penser qu’il faut que tout soit impeccable et fini avant d’aller démarcher. C’est évident, il faut que le minimum soit fait (un book bien fignolé, un site en cours de création mais bien construit, un prototype efficace…), mais ne repoussez pas le moment de chercher vos clients. Au contraire ! Par exemple, dans mon cas, c’est le fait de trouver des clients à la suite du Meilleur Pâtissier qui a fait que j’ai cherché un local pour y installer mon studio. Je n’ai pas cherché un local, installé une cuisine à 10 000 euros pour ensuite chercher des clients !

Trouver des clients est le meilleur moyen de voir si votre projet trouve une résonance et s’il a du potentiel. Si par exemple vous voulez vous lancer en tant que graphiste indépendant, vous avez juste besoin d’un book, pas besoin d’attendre d’avoir 1000 expériences pour démarcher ! Si vous êtes talentueux(se), vous n’aurez aucun mal à trouver des contrats.

Avec les moyens d’aujourd’hui (Instagram, youtube, facebook, blog,…) il est quand même assez facile de se faire connaître. Attention, se faire connaître ne veux pas dire d’avoir 50 000 abonnés. J’écrirais un autre article sur ces histoires d’abonnés et de réseaux sociaux, qui ne sont pas le reflet de vos compétences, ni de votre talent, ni de votre salaire. Prenez ces supports…Comme des supports, une vitrine ! Ils doivent vous servir à montrer vos projets à vos clients, pas à vous mettre la pression sur le nombres d’abonnés.

S’ENTOURER, et plus particulièrement quand on est une femme

Il faut vraiment vous assurer que votre conjoint, vos ami(e)s, vos parents,  vous soutiennent, sincèrement, et se rendre compte de la difficulté que c’est que d’entreprendre. Peu importe où vous allez chercher du soutien, mais assurez-vous d’en avoir avant de vous lancer. Pour moi, mes soeurs et quelques amies étaient mes soupapes quand j’avais des doutes. L’homme qui partage ma vie est aujourd’hui un de mes plus grand soutien, mais soyons honnête, cela n’a pas toujours été le cas.

Il faut aussi que votre conjoint soit prêt à accepter votre ambition. Cela parait un peu décalé dit comme cela, mais lancer son projet va vous changer, vous allez sans doute beaucoup évoluer, avoir une ambition grandissante, travailler de nombreuses heures, votre couple va sans doute passer au second plan pendant un certain temps. Votre conjoint peut se sentir exclu, peut ne pas croire en votre projet dès le début, trouver cela trop fou, trop risqué, ou tout simplement ne pas en voir l’interêt de prendre autant de risque. C’est mieux, et carrément plus facile, si votre conjoint croit en vous, mais cela n’est pas une condition obligatoire pour vous lancer. Sans trop m’étaler sur ma vie privée, mon chéri n’était pas du tout, mais alors vraiment pas du tout convaincu à l’idée que j’aille faire le Meilleur Pâtissier. Une fois que j’ai été sélectionné, il n’avait plus trop de choix que de me soutenir. La diffusion du Meilleur Pâtissier et mes projets pour après ont soulevés beaucoup de discussions et de doutes au sein de notre couple, mais cela ne m’a jamais empêché d’avancer. Attention, cela n’a pas été facile, cela s’est fait dans quelques larmes et encore beaucoup de doutes. Je pense pouvoir dire qu’il a été réellement fier et qu’il a vu le chemin parcouru le jour où il a tenu mon livre entre ses mains. 

Si vous êtes une femme, vous risquez de vous heurter à la peur de votre conjoint que vous lui échappiez un peu, voir même beaucoup. Une femme qui a de l’ambition et qui a le cran de se lancer, ça en effraie plus d’un, et c’est d’autant plus pervers que votre conjoint ne pourra pas vous dire frontalement, sous peine de rupture, qu’il vous préfère dans la routine, à la maison, en CDI, plutôt qu’en train de vous lancer corps et âme totalement dans un projet ambitieux. Une femme qui entreprend, c’est une femme qui prend le risque de réussir…et donc peut être de partir ! 

Si votre conjoint, votre entourage, n’est pas emballé par votre projet, plusieurs conseils :

-essayer d’analyser sa/leur façon de penser, et voir si c’est en adéquation avec ce qu’il/ils vous dit(sent). Par exemple, mon conjoint a besoin de preuves et de concret pour croire en un projet. Il lui faut du tangible, une pensée cartésienne, c’est quelqu’un de très épuré dans sa vie. Le Meilleur Pâtissier cristallise tout ce qu’il n’aime pas, et je peux le comprendre : la télé-réalité, du rose à gogo, l’exploitation des candidats qui ne sont pas rémunérés, un système qui marche sur notre besoin de reconnaissance…Ce projet était aux antipodes de ses valeurs, et j’ai donc compris assez vite sa retenue. Mais cela ne voulait pas dire que mon projet était mauvais. 

-n’attendez pas que la terre entière valide votre projet, ou vous ne ferez jamais rien ! Soit vous avez assez de ressource égocentrique pour croire suffisant en vous et vous vous lancez sans demander l’avis de personne, soit vous êtes dans le doute, et là ce moment là, allez demander l’aval à des organismes dont c’est le métier et qui sont objectifs : BGE de votre région, réseaux d’entrepreneurs…

-ne dépensez pas votre énergie à essayer de prouver à tout votre entourage à quel point votre projet est génial. Consacrez cette énergie à votre projet, à le développer, les personnes qui vous entourent seront bien obligées d’admettre que vous avez eu raison de vous lancer, quand votre projet sera un succès, car il le sera ! Quelqu’un qui sort de sa routine, cela force l’admiration, mais ça fait aussi peur, et pour certain métier (je parle notamment ceux du design) ils sont encore très mal connus, beaucoup de personnes vont vous donner leur avis sans véritablement comprendre  et connaître ce que vous allez faire. Même conseil qu’au dessus, fiez-vous à des personnes qui connaissent le domaine dans lequel vous voulez vous lancer.

-écoutez les conseils: il va falloir que vous fassiez le tri entre tous les conseils et avis que vous allez recevoir. Chacun va y aller de son avis, ne retenez que ceux qui vous paraissent objectifs. Mais c’est important de savoir écouter les compliments et les critiques. Pour ma part, cela ne fait pas longtemps que je suis capable d’entendre les compliments. J’entendais très bien les critiques et les doutes des autres, cela me minait le moral pour plusieurs jours, mais j’étais aussi capable d’avancer encore malgré ces derniers, car je suis têtue, ambitieuse, et très solitaire dans ma démarche de travail. Aujourd’hui, je crois que j’ai réussi à trouver un juste équilibre dans l’écoute des conseils, remarques, compliments. Les uns n’effacent pas les autres.

Écoutez donc ce que votre entourage à a vous dire (par entourage, je ne parle pas forcement de la famille et amis, mais plus de vos potentiels clients, des commentaires sous vos posts Instagram, blog, commentaires lors d’entretiens, bref, tout ce que les professionnels de votre domaine en disent. Prenez des notes, et relisez-les de temps en temps voir si vous avez des réponses, ou si vous sentez que vous avez avancé sur les sujets évoqués.

SAVOIR EXPRIMER COMMENT ON VA GAGNER SA VIE

Sans doute le conseil le plus important à retenir: il faut que vous sachiez expliquer en une phrase en quoi consiste votre projet et que votre interlocuteur comprenne avec cette unique phrase ce que vous faite de vos journées et comment vous gagnez votre vie.

Cela parait très orienté pognon, mais toutes les personnes à qui vous allez parler de votre projet ou de votre entreprise ont besoin de comprendre comment tu rentres des finances tous les mois. Sinon, le projet rétrograde tout de suite au statut de hobby, voir de lubie. 

La manière dont on gagne sa vie en indépendant doit être limpide. Si vous n’arrivez pas à vous faire comprendre en une phrase, c’est que sans doute le projet manque encore de maturité, ou n’est pas totalement abouti. Cela passe parfois par juste affiner un terme, une tournure de phrase. 

AUTRES CONSEILS UTILES

-N’hésitez pas à participer à des concours qui touchent l’entreprenariat, ou des concours qui touchent à votre domaine. Au début de mon premier blog, je participais à pas mal de concours, j’ai eu la chance d’en gagner un certains nombres. Cela booster votre confiance, vous fait connaître, et développe votre expérience et votre réseau ! Que du bonus !

-Si vous avez un parcours éclectique comme moi, n’hésitez pas à faire plusieurs CV selon qui vous avez besoin de cibler. J’ai moi-même deux types de CV: un orienté vers l’illustration, l’autre orienté vers la création culinaire. Comme ça, je n’embrouille pas l’esprit de mon interlocuteur, qui pourrait se demander à quelle girouette il a affaire et qui aura du mal a comprendre ma double vie ! Si ça vous intéresse, je vous mets mes deux CV en téléchargements, pour vous faire une idée de la différence entre les deux.

gaufre a la vergeoise

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